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Show must go on
Loovlov / 03 janvier 2008 / Pas de commentaire

Béjart a toujours surveillé la diffusion de ses pièces. Seules quelques grandes troupes internationales (une quinzaine environ) ont le droit de les jouer, et il venait en personne assister aux répétitions. Ainsi, l’Opéra de Paris a joué de nombreuses pièces de Béjart, « Le Boléro », pour la plus célèbre, mais il n’hésitait pas à en retirer quand il estimait que les interprétations ne collaient plus avec l’esprit originel, comme « l’Oiseau de Feu » (il trouvait qu’on le galvaudait un peu).

 

 

Son laboratoire a longtemps été le « Béjart Ballet Lausanne » et son école « Mudra »(en Suisse donc…). De grands chorégraphes tels que Anne-Teresa de Keersmaeker, Maguy Marin, ont fait leurs classes dans cet endroit unique pour la danse. Des passerelles sont jetées entre différentes disciplines, de la danse avec ses différentes techniques aux autres arts comme le théâtre, le chant, le mime, des arts martiaux, etc… Le brassage des nationalités dans cette école est une richesse supplémentaire du lieu. Après sa mort, le spectacle continue, et la troupe est en train de répéter sa dernière pièce « le tour du monde en 80 minutes » qui va bientôt être jouée pour la première fois.

 

Gil Roman, son dernier danseur phare, le remplace dans ce rôle de transmission et de surveillance. Il est décrit comme l’héritier de Béjart, car bien que différents, ils étaient complémentaires, et liés par une grande complicité. De lui, Béjart disait: «Il m’a fallu des années pour sortir cet artiste incomparable (…) du maquis mental où il s’était enfermé avec ses fantasmes, ses amours, ses complexes». Toutefois, Gil Roman voit également dans cette mission une occasion d’apporter un regard nouveau. Il envisage de nouvelles créations, ainsi que de promouvoir le talent de jeunes danseurs jusque là laissés dans l’ombre. Un compromis entre la sauvegarde de l’empreinte de son maître tout en gardant sa « liberté de créer »

 

*La musique de Freddie Mercury était utilisée dans « Ballet for Life » en hommage à tous ses amis emportés par le SIDA.