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Le poids de l’âme
Loovlov / 05 janvier 2008 / Pas de commentaire

Le Mime Marceau est célèbre dans le monde entier par son personnage vedette « Bip », tout fardé de blanc , avec son chapeau noir et sa marinière…

 

 

Comme Béjart, si on veut créer un parallèle, il a créé un lieu pour transmettre son enseignement,« l’école de mimodrame de Marcel Marceau » à Paris. Il y enseigne une « grammaire » qui lui est personnelle, et qui est marquée par la renaissance Italienne et le travail de sculpteurs français tels Rodin ou Maillol. « Dans la pierre, ils ont gravé l’attitude et la pensée de l’homme. J’ai créé des conventions de caractères : il s’agit de quarante deux positions qui expriment la joie, la tristesse, l’indifférence, la jalousie (…) le courage et bien d’autres encore. ».Les élèves prennent aussi des cours de danse, bien que M.Marceau ne se soit jamais senti danseur. Plus que des pièces, il influence des artistes dans des domaines et des milieux artistiques très variés.

 

En mime, il est La référence. En danse, il a dirigé des danseurs aussi célèbres que Baryschnikov et Noureev. Dans le monde du théâtre, son travail est utilisé dans l’apprentissage, l’entraînement, et le jeu des acteurs ; dans le domaine du show biz, le merveilleux Raymond Devos était un élève de Monsieur Marceau, ce qui contribuait à lui donner une aisance aussi bien avec son corps qu’avec ses mots. On se souvient également de la « Moon Walk » de Michael Jackson, qui est reprise dans la danse Hip-Hop, et qui n’est d’autre que « la marche contre le vent » du Mime Marceau.

 

Enfin, on se demande si le mouvement butô du Japon n’a pas été influencé quelque part par lui. Quand il a débarqué là-bas dans les années 60, personne n’avait encore vu de mime tout en blanc…Lui-même avait d’ailleurs été influencé par le nô. Il faudrait des heures et des pages pour parler de grands artistes comme Marceau ou Béjart… Ils ont mis leurs pierres au grand édifice du monde artistique, et leur héritage ne cessera de grandir et de faire des petits…

 

Une chose est sûre : ils sont toujours bien vivants !

 

Jackson Pollock
lullaby / 22 décembre 2007 / Pas de commentaire

Je vais vous donner l’impression de faire le grand écart…passant de Hokusaï à Pollock. Il m’est pourtant apparu que, à la verticalité de l’un, l’horizontalité du second, faisait écho, que l’enchevêtrement des branches de cerisier s’apparentait à l’enchevêtrement des lignes de l’Action Painting américain.

L’ACTION PAINTING s’oppose à ce qu’une volonté première d’organisation des formes et des couleurs, préside à la création du tableau. C’est le geste seul dont la trace s’inscrit sur la toile qui importe. Le peintre devient danseur dans cet étrange ballet…Ses techniques sont le “all over” (les traits couvrants la toile sans limite) et le “dripping” (la peinture s’égouttant d’un pinceau ou d’une boîte percée).

 

« Peindre est une façon d’être. La toile est un endroit où agir. Et devient moins le support d’une peinture, qu’un événement en soi. »

 

Tout l’art de POLLOCK est lié aux notions de risque, d’aventure, et d’échec…On peut repérer dans la toile la « quantité » et la « durée » de l’action picturale. Sa peinture n’est qu’une infinie variation sur le thème de l’angoisse de vivre. Une vie noyée dans les vapeurs de l’alcool. Sa disparition à 44 ans, en 1956, a achevé de forger le mythe : comme James Dean. Il s’est tué un soir de beuverie au volant de son Oldsmobile.

HOKUSAI sur la vague
lullaby / 18 décembre 2007 / Pas de commentaire

J’aime tant les peintres, tous les peintres, que je ne sais lequel choisir aujourd’hui ? Peut-être : HOKUSAI (Japon 1760-1849) à la base de bien des choses dans ce site :

  • L’esprit zen
  • La ligne, « Quand j’aurais cent ans je tracerais une ligne, et ce sera la vie » dit-il
  • Le Mont FUJI, signifiant « Vie éternelle »
  • La VAGUE, élan vers le futur

Hokusai et de Hiroshige son élève, ont influencé l’Art Moderne. Degas, Van Gogh, Gauguin, Toulouse-Lautrec, s’en inspirèrent dans la manière de traiter l’espace – le proche et le lointain – renouvelant ainsi la perspective traditionnelle de la Renaissance.

Hokusaï, né de parents inconnus, changea plusieurs fois de nom, apprit auprès des Maîtres la maîtrise de la gravure sur bois, de l’estampe (SURIMONO), publia beaucoup de recueils (MANGA), et même organisa des “performances”…et oui déjà!

Ainsi en 1831 il peint dans la cour du temple d’Edo, armé d’un balais et d’un seau d’encre de chine, un DARUMA géant de 240m² qu’on hissa sur le toit pour permettre à l’assistance de l’admirer.

Jusqu’à la fin de sa vie il s’astreindra à faire chaque jour, au moins un dessin.

 

Web STARCK 3
lullaby / 13 décembre 2007 / Pas de commentaire

Jean, baskets et chemise de rigueur. En bon maître de cérémonie, Loïc Le Meur vient de donner le coup d’envoi de ces deux jours de conférences web3, organisées au Docks Saint-Denis les 11 et 12 décembre 2007.

Pour le designer Philippe Starck, en tête d’affiche du rassemblement, l’influence du web sur son métier passe principalement par une formation de masse de « non-consommateurs » bien informés qui demandent désormais des « non-produits ». Caractéristiques de ces produits : ils ne seront plus composés de 10% d’utilité et de 90% de la « merde qu’il y a autour !», comme c’est le cas aujourd’hui dans le commerce banal, aux yeux de PHILIPPE STARCK. Ces nouveaux acheteurs sont conscients des positionnements économiques, écologiques, sociaux, éthiques des produits.

 

Conséquence : l’avènement d’un « moral market ».

A long terme, il imagine (et l’imagination c’est sa tasse à tea) un homme bionique, l’ordinateur étant de plus en plus miniaturisé…dans 15 ans il sera caché dans l’oreille ou greffé sur le cerveau (dis Philippe t’as fumé quoi ce matin?) Bon je ne vais pas vous faire sa bio à Philippe ! Tout le monde connaît son parcours de designer universel. Voici une compilation de ses déclarations à travers différentes interviews : « …je ne suis pas un génie… j’ai juste fait trois brosses à dent… je n’ai pas vocation à être un petit décorateur pour cadeaux de Noël… le design est structurellement non-important… y a des moments où c’est même une obscénité par rapport aux grands problèmes du monde… on ne peut en parler qu’après avoir réglé le reste… dans mon studio tout est à inventer : le tourisme éthique, la voiture à hydrogène…( on l’a compris plus de brosses ni pour les dents ni pour les chiottes) »

 

Et suprême aphorisme : « IL FAUT REMPLACER LE BEAU PAR LE BON, le beau ça n’existe pas, c’est du marketing, c’est révisable, ce qui appartient à la mode conduit à la démode ». Je plaisante, mais on l’aime bien Philippe, surtout pour ses chaises « Louis Ghost »

ORLAN, la mutante
lullaby / 08 décembre 2007 / Pas de commentaire

Et oui je me suis plantée dans mon billet précédent!

Je pourrai dire “exprès pour susciter vos réactions et avoir vos commentaires”… C’était une coquille, c’est à dire une faute de frappe. Donc dans “La vie d’artiste”, j’ai cité ORBAN artiste de performance… Il fallait lire ORLAN… Je reprends et je complète, car je vous sens tous haletants “mais qui est cette artiste qui se fait charcuter pour la gloire?

 

ORLAN, la mutante déclare “J’ai donné mon corps à l’art”

Comment se présente-t-elle, ORLAN ? En noir et blanc, de la racine des cheveux jusqu’à la semelle des chaussures, bicolore donc, avec une bosse sur chaque tempe qu’elle maquille de paillettes bleues, ce sont des implants de silicone, c’est la mode du ” bumping”. A ce jour, je n’ai pas eu connaissance qu’elle ait fait école. On a déjà, tatouages, piercings, scarifications, botox, liposuccions, greffes capillaires, extensions de mèches, faux ongles, faux seins, faux derrières, lentilles de couleur, teintures, il faut parfois souffrir pour être belle, beau…et se faire plaisir.

 

Le philosophe R.Debray dit “J’appelle beauté ce qui me rend heureux”

Après neuf opérations filmées et retransmises, le bloc opératoire devient l’atelier de l’artiste. Elle déclare alors ” Je fais un travail classique d’autoportrait en dé-figuration et re-figuration. Je ne voulais pas lancer de mode. Au contraire. mes bosses sont là, pour lutter contre les standards de beauté. Mais j’ai vraiment touché un nerf. Dans le milieu de la cyberculture, certains jeunes n’ont pas envie de ressembler à tout le monde”. A vous de réagir… Si ce thème vous a intéressé, ruez-vous donc sur l’excellent livre de Eric-Emmanuel Schmitt ” Lorsque j’était une oeuvre d’art “

 

Vie d’artiste
lullaby / 05 décembre 2007 / Pas de commentaire

Pour reprendre le cours de mes interventions je vous livre ma réflexion du jour : petit à petit je désire mettre mes pas dans celui des grands blogueurs de la sphère, y arriverais-je ?

Vos commentaires m’aideront beaucoup.

Deuxième réflexion du jour : faire de sa vie une performance, une vie consacrée à l’art, « entrer en art » comme on entre en résistance, comme on entre en religion, est-ce possible ? est-ce vivable ?

Picasso a sacrifié sa vie de couple, de père, de grand-père (voir de Marina Picasso Grand-père paru en 2001) Oui mais, qu’elle œuvre ! et quelle vie passionnante ! Finalement. Sa dernière compagne Jacqueline l’avait si bien compris, Cerbère domestique elle défendait la porte du Maître (son « soleil » disait-elle !) contre les intrusions de toutes sortes.

Gauguin a largué les amarres, a largué également femme et enfants, pour vivre sa vie d’artiste à Tahiti.

Sophie Calle, artiste présente à la dernière biennale de Venise, crée des performances en mettant en scène son quotidien (là je simplifie un peu le propos, car c’est +complexe que ça)

Orban, autre artiste féminine, se livre à la chirurgie plastique pour faire de son visage une œuvre d’art (les femmes sont folles !) avec un résultat assez monstrueux…Mais comme disait Baudelaire « Le beau est toujours bizarre ».

N’est pas Picasso ou Gauguin qui veut…